Discours haineux

Dans sa chronique publiée dans le Journal de Montréal du 31 octobre intitulée « Les nouveaux monstres », Richard Martineau dépeint les fonctionnaires comme étant des zélés, des monstres responsables de faire respecter la loi. Casser du sucre sur le dos des fonctionnaires est une obsession pour plusieurs chroniqueurs et animateurs radio. Mais cette fois, Richard Martineau pousse le bouchon trop loin en banalisant la violence. Il écrit, à propos du fonctionnaire zélé, que rien ne peut l’arrêter, contrairement aux zombies à qui l’on peut tirer une balle dans la tête. Ce n’est plus seulement du mépris envers les employés de l’État, c’est un discours haineux incitant presque à commettre des gestes violents à leur endroit. Des propos que l’on ne peut tolérer dans notre société.

Par ailleurs, puisqu’il s’agit d’une thématique « Halloween », je tiens à rappeler à monsieur Martineau qu’il serait plus terrifiant pour la population de vivre dans une société sans fonctionnaires. Imaginez un monde laissé à lui-même, sans le travail des techniciennes et des techniciens, des inspectrices et des inspecteurs et du personnel administratif qui enfilent leur costume de superhéros pour appliquer les lois édictées dans notre société. La peur se lirait davantage sur le visage des citoyennes et des citoyens si personne n’était en charge de veiller à  l’inspection des bâtiments, de l’eau et des aliments que nous consommons. La peur de rouler sur nos routes si personne ne les entretenait. Sans les fonctionnaires, qui assisterait les accidentés du travail, les blessés de la route et les plus démunis de notre société? Qui veillerait à ce que chacun paie sa juste part des impôts?

Par ses propos à la fois offensants et menaçants envers le personnel de l’administration publique, monsieur Martineau laisse croire qu’il préférerait une société sans fonctionnaires pour faire respecter les lois.

Je préfère pour ma part représenter celles et ceux qui sont là pour protéger les citoyennes et les citoyens plutôt que d’enfiler le costume de celui qui les dénigre.

Christian Daigle