Réfléchir au-delà de la charité

Chaque année, durant la période des Fêtes, de nombreux organismes sollicitent notre générosité afin de venir en aide aux plus démunis. Il s’agit d’un moment privilégié pour prendre soin de ceux qui nous entourent. Les besoins en ce sens sont grandissants, de plus en plus de personnes sont contraintes de recourir à une banque alimentaire. Je vous encourage à contribuer à la hauteur de vos moyens ou à donner du temps, si vous le pouvez.


L’esprit des Fêtes doit cependant dépasser la charité. Il doit nous pousser à réfléchir. Pourquoi, dans une société riche comme la nôtre, des milliers de citoyennes et de citoyens vivent dans la misère? Malheureusement, ce problème ne se réglera pas durablement grâce à des banques alimentaires ou à des collectes de fonds. Si nous souhaitons véritablement être solidaires, ce sont les conditions sociales qui génèrent la pauvreté, qu’il nous faudra changer.

Le système économique dans lequel nous vivons est fondamentalement inégalitaire. Il favorise une minorité de personnes privilégiées au détriment de l’ensemble. Seul l’État peut éviter que ne se creuse un fossé toujours plus grand entre les riches et les pauvres, en offrant des services publics universels et en répartissant la richesse collective.

Ce que je trouve déplorable, ce sont des politiciens comme Philippe Couillard qui se permettent d’inviter les citoyens à être charitables, tout en déconstruisant volontairement nos principaux outils de répartition de la richesse. Toutes les collectes de fonds du monde ne pourront réparer ce qu’il brise lorsqu’il maintient le salaire minimum à un niveau très bas ou quand il coupe dans le programme d’aide sociale.

Cette année, j’espère que notre solidarité envers les plus démunis dépassera la période de Noël. Qu’elle nous poussera à être personnellement généreux, oui, mais aussi à nous organiser collectivement pour changer en profondeur les conditions qui créent la pauvreté.

Je vous souhaite à toutes et tous une période des Fêtes près des personnes qui vous sont chères.

Christian Daigle